LE FONDS DU CANADA POUR LE JOURNALISME

Message de Bob Cox, président du conseil de Médias d’Info Canada

Le journalisme n’est pas gratuit.

Le partage de l’information est devenu gratuit. Mais le journalisme, lui, ne l’est pas. Comment pouvons-nous donc monétiser un modèle en pleine évolution ? Il est clair que personne n’a, à ce jour, trouvé réponse à cette question. Notre industrie a besoin de plus de temps. Nous faisons tout ce que nous pouvons du point de vue commercial pour créer des partenariats, explorer de nouvelles occasions de revenus, investir des efforts dans des innovations, couper dans les dépenses et gérer nos dettes, tout en préservant le journalisme autant que nous le pouvons.

Des citoyens habilités, des plateformes de communication instantanée et des appareils mobiles de plus en plus évolués facilitent le partage de tout, en tout temps et avec tout le monde, que l’on parle de fausses nouvelles ou autres. Le journalisme citoyen et les médias sociaux ont ajouté une nouvelle profondeur à la couverture instantanée, mais ils ne doivent pas demeurer seuls dans ce paysage. Des articles canadiens, provenant de voix strictement canadiennes, ne peuvent être racontés en provenance d’autres pays, ou en un nombre limité de caractères, ou encore, seulement tant et aussi longtemps que leur valeur de divertissement perdure.

Un pays aussi grand et diversifié qu’est le Canada a besoin de journalistes de carrière pour couvrir ces articles qui, autrement, resteraient dans l’ombre. Ces articles qui doivent être couverts par des gens dont la profession est de dénicher ces sujets, de les raconter et de les transmettre avec le mandat de dire la vérité; de les suivre tout au long de leur déroulement tout en forçant les instances publiques à être imputables. Ces articles préparés par des professionnels qui ont l’accès et l’expertise voulus, qui ne sont pas anonymes et qui, eux-mêmes, sont imputables pour chaque fait qu’ils relatent, chaque commentaire qu’ils publient, et qui basent leur carrière sur ces principes. Ce sont ces professionnels qui font le travail d’enquête, d’analyse et de commentaire pour lequel les journaux les paient. Mais ce travail est utilisé gratuitement par la radio et la télévision depuis des décennies, et il continue de l’être aujourd’hui par d’innombrables flux de médias sociaux.

Nous travaillons tous pour trouver des solutions et explorer des modèles d’affaires qui identifieront de nouvelles façons de soutenir le métier essentiel qu’est le journalisme canadien; pour continuer d’être toujours fortement représentés au sein de nos collectivités, dans nos hôtels de ville, aux assemblées annuelles, dans les salles d’audience, pendant les éliminatoires et lors des compétitions qui nous font gagner des médailles d’or.

Dans une manifestation de force sans précédent, nos membres se sont associés pour demander au gouvernement de moderniser l’actuel Fonds du Canada pour les périodiques afin de régler les questions cruciales et l’importante crise que vit la diffusion des perspectives canadiennes aujourd’hui.  Cette proposition permettra de réduire le coût du journalisme 24-7 et la couverture des grands dossiers d’importance tout en donnant à l’industrie plus de temps pour innover et s’y retrouver dans les défis que représente la préservation de ce qui fait l’originalité de nos voix canadiennes.

Nous continuerons de plaider en faveur de notre industrie et nous vous encourageons à faire de même. Nous vous tiendrons au courant des derniers développements au fur et à mesure qu’ils surviendront. Pour voir le texte entier de notre proposition de même que certaines données contextuelles, visitez le site Web de Médias d’Info Canada.