Les associations de médias réclament la valorisation du journalisme dans l’écosystème numérique

Dix-huit associations de médias internationales et américaines ont réclamé aujourd’hui, par le biais d’une déclaration publique, une rémunération “juste et raisonnable” pour la publication de contenu journalistique sur les plateformes numériques.

La déclaration « Media of the Americas Call for the Defense of the Values of Professional Journalism in the Digital Ecosystem » (« Les médias des Amériques appellent à la défense des valeurs du journalisme professionnel dans l’écosystème numérique ») est signée par 18 associations internationales et nationales. Ces institutions regroupent plus de 40 000 médias du Canada, des États-Unis, du Mexique, du Honduras, de la Jamaïque, de la République dominicaine, de la Colombie, de l’Équateur, du Pérou, du Brésil, de la Bolivie, du Chili et de l’Argentine.

Le document souligne que « la pérennité du journalisme est en danger » et ajoute que bien que « les médias aient des publics plus importants que jamais (…) les intermédiaires, qui représentent plus de 80% de la publicité numérique mondiale, absorbent désormais les ressources utilisées pour financer le journalisme professionnel ».

En ce qui concerne la position de marché des plateformes numériques, les associations proposent « des approches cohérentes au niveau mondial pour faire respecter un droit qui repose sur le droit d’auteur et la réglementation antitrust ». Mais, elles ajoutent : « Il est également essentiel d’éviter les pratiques abusives sur le marché de la publicité numérique. »

La déclaration signale que la crise économique, exacerbée par la pandémie, crée des “déserts d’information” en raison de la disparition des médias dans de nombreuses communautés, un phénomène que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutiérrez, a défini comme une « extinction inquiétante des médias ».

La déclaration apprécie les initiatives de Google et Facebook visant à rémunérer les médias de certains pays pour leur contenu. Toutefois, elle estime que « ces programmes ne constituent pas une réponse appropriée et globale. Le secteur doit être compensé pour pallier les disproportions et rétablir un certain équilibre dans l’écosystème ».

Outre la rémunération pour les contenus et la concentration de la publicité, les associations portent une attention particulière aux algorithmes, dont l’opacité et l’usage discrétionnaire affectent la production et la diffusion des contenus.

Les associations ont convenu de demander aux plateformes numériques d’accélérer leurs programmes de paiement des contenus et de soutien aux médias lors des réunions de travail. En outre, elles demandent que ces programmes soient plus inclusifs, profitant à la fois aux publications les plus en vue et à celles qui couvrent de petites communautés et doivent rester intégrées à la vie démocratique.

Les organisations signataires sont l’Association interaméricaine de la presse (IAPA), l’Association mondiale des éditeurs de presse (WAN-IFRA), l’Organisation ibéro-américaine des télécommunications (OTI), le Grupo de Diarios América (GDA), l’Association internationale de radiodiffusion (IAB), Médias d’info Canada (MIC, Canada), News Media Alliance (NMA, USA), Media AllianceMx (Mexique), l’Association des médias du Honduras (AMC, Honduras), Media Association of Jamaica (MAJ, Jamaïque), la Société dominicaine des journaux (SDD, République dominicaine), l’Association des médias d’information (AMI, Colombie), Association équatorienne des rédacteurs de journaux (AEDEP, Équateur), le Conseil de presse péruvien (CPP, Pérou), l’Association nationale des journaux (ANJ, Brésil), l’Association nationale de la presse (ANP, Bolivie), l’Association nationale de la presse (ANP, Chili) et l’Association des entités journalistiques argentines (ADEPA, Argentine).